Critique de disque : Tio Manuel poursuit sa route entre blues et americana
#Musiques – Jean-Marc Pinson
Neuvième album en solo pour Tio Manuel qui vit depuis quelques années du côté d’Erquy (Côtes-d’Armor). Dans la même veine que les précédents albums il trace sa route entre blues et americana, en espagnol et en anglais.
Un grain de voix de conteur. Des histoires de routes sans fin, de rencontres sans lendemain. C’est du moins ce que l’on ressent en écoutant Tio Manuel, au chant et à la guitare, depuis plus de 20 ans désormais en solo. Il égrène ses albums en les numérotant, de Dos Tios à The 7th road, ¡Ocho!, voici donc fort logiquement le neuvième avec The Track of The Magnificent 9.
C’est toujours un régal de le retrouver au détour d’un chemin, le sien, parfois sinueux, comme sa carrière au cœur des groupes, de Wunderbach à La Souris Déglinguée. Le rock des débuts est toujours présent mais il est moins hargneux, plus assagi, le blues est sa musique de cœur qui vous secoue les tripes. Plus globalement, il embrasse l’americana comme les grands espaces. Les ballades sont désarmantes, surtout dans la langue de Cervantes comme sur El Golfo ou Polvo En El Alma.
Le loustic, on peut le dire, il est breton d’adoption désormais, ne se la joue pas solo complètement. II est bien entouré par de solides pistoleros : Slim Batteux, Sofia Miguelez, Christophe Gaillot, Rudy Serairi… Le 9e volet est un bon millésime de Tio Manuel, sans réelle surprise mais c’est du solide. Comme un bon vieux compagnon de route.


